La vie associative dans la peau

  • 27 juillet 2021

  • Emilie Lambiel

  • Stephan Boegli

Belge d’origine, mais naturalisĂ© Suisse, Emmanuel Libert vit dans le canton de NeuchĂątel depuis bientĂŽt 40 ans. Le prĂ©sident de l’Association Cantonale NeuchĂąteloise de gymnastique a occupĂ© diverses fonctions dans le monde associatif : un parcours modĂšle d’intĂ©gration qui le pousse Ă©galement Ă  tendre la main aux autres.

Portrait

Emmanuel Libert

Date de naissance : 11 mars 1961
Domicile : ChĂ©zard-Saint-Martin (NeuchĂątel)
Famille : MariĂ© Ă  VĂ©ronique depuis 36 ans, 3 garçons (GaĂ«tan, Quentin et Thibault) et 3 petits-enfants
Profession : PhysiothĂ©rapeute
SociĂ©tĂ© : Gym ChĂ©zard
Loisirs : ActivitĂ© associative, passer du temps en famille, le vĂ©lo, la randonnĂ©e et la moto
Mon mĂ©tier de rĂȘve quand j'Ă©tais enfant : « Je voulais ĂȘtre gendarme, finalement j’ai optĂ© pour la physiothĂ©rapie. Et plus tard, j’aimerai me former Ă  la menuiserie. Â»
Mon premier souvenir de gymnastique : « En Belgique, mon examen aux agrĂšs Ă  l’école de physiothĂ©rapie. C’était une discipline obligatoire, mais de loin pas ma prĂ©fĂ©rĂ©e, je m’en suis sorti tant bien que mal
 En Suisse, mon Ă©lection en tant que prĂ©sident de Gym ChĂ©zard, en 1999. Â»

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Emmanuel Libert n’a jamais Ă©tĂ© gymnaste. Et pourtant, depuis 2017, il occupe la fonction de prĂ©sident de l’Association Cantonale NeuchĂąteloise de gymnastique (ACNG). Il s’agit d’ailleurs de son deuxiĂšme mandat Ă  ce poste, qui court jusqu’en 2023. Un travail exigeant et polyvalent, mais pour lequel le NeuchĂątelois s’investit avec beaucoup de plaisir : « Etant donnĂ© que nous sommes dans un canton Ă  tradition horlogĂšre, je compare cela Ă  une montre, avec beaucoup de rouages qui tournent. Le prĂ©sident, c’est le bouton remontoir, c’est lui qui doit ĂȘtre stimulant et faire bouger les choses ». Bien que la prĂ©sidence de l’ACNG demande un certain investissement personnel, elle lui apporte Ă©galement beaucoup. « J’ai l’impression de faire quelque chose de grand et qui a du sens, spĂ©cialement pour la jeunesse et dans le domaine de la santĂ© Â». Mais comment un Belge « non-gymnaste Â» en est-il venu Ă  s’impliquer autant dans la gymnastique suisse ?

La gymnastique reste un trĂšs bon moyen de s’intĂ©grer.
Emmanuel Libert

La Suisse, pays de cƓur

Il faut dire qu’Emmanuel a toujours eu une relation particuliĂšre avec les mouvements associatifs et la Suisse : « L’histoire entre ma famille et la Suisse me tient particuliĂšrement Ă  cƓur. Cela commence avec mon grand-pĂšre, qui est venu dans ce pays en 1917, pendant la guerre. On l’a sorti d’un camp de prisonniers en Allemagne pour venir travailler Ă  Sion. Puis, mes parents, qui venaient de deux rĂ©gions belges diffĂ©rentes, se sont rencontrĂ©s en Suisse. Par la suite, toute ma famille est rĂ©guliĂšrement venue ici et j’ai toujours su qu’un jour, je m’y installerais Â», explique Emmanuel. C’est donc en Suisse qu’il dĂ©pose ses valises, Ă  la fin de ses Ă©tudes en physiothĂ©rapie, en 1984. AprĂšs avoir travaillĂ© quelques annĂ©es dans un hĂŽpital, avec sa femme elle-mĂȘme physiothĂ©rapeute, ils dĂ©cident d’ouvrir leur propre cabinet dans les annĂ©es 90 et s’intĂšgrent gentiment Ă  la vie locale.

S’intĂ©grer avec la gymnastique

C’est seulement en 1999, lorsqu’il reprend la prĂ©sidence de gym ChĂ©zard, la sociĂ©tĂ© de gymnastique de son village, que son parcours gymnique dĂ©bute. A ce moment-lĂ , le NeuchĂątelois Ă©tait dĂ©jĂ  bien impliquĂ© dans la vie de son village d’adoption : « je faisais partie des pompiers, j’y Ă©tais instructeur, et j’étais membre de la paroisse de la rĂ©gion. Lorsqu’on m’a demandĂ© de reprendre la fonction de prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© de gym, j’ai hĂ©sitĂ©, car je ne venais pas du monde de la gymnastique ». Il accepte finalement de s’investir, son affection pour le mouvement associatif prenant le dessus. Cet engagement marquant le dĂ©but de nombreuses annĂ©es d’aventure dans le monde de la gymnastique. « J’ai mis un doigt dans l’engrenage, et je n’ai jamais arrĂȘtĂ© Â», explique-il en souriant.

Son implication dans ce domaine ne s’est d’ailleurs pas arrĂȘtĂ©e Ă  la gym

Ce sont donc toutes ces activitĂ©s et ces rencontres faites au fil des annĂ©es qui ont permis Ă  Emmanuel et sa famille de s’intĂ©grer dans leur rĂ©giond’adoption. Emmanuel l’affirme, la gymnastique reste un trĂšs bon moyen de s’intĂ©grer. « La FĂ©dĂ©ration suisse de gym est d’ailleurs trĂšs ouverte Ă  ce sujet, elle en avait fait son thĂšme central lors d’une ConfĂ©rence des dirigeants d’association il y a quelques annĂ©es Â». À la suite de cette CDA, l’idĂ©e de communiquer Ă  ce sujet germe petit Ă  petit dans son esprit. Il lui semble en effet important d’informer le public, et plus particuliĂšrement les Ă©trangers et les rĂ©fugiĂ©s, sur le rĂŽle des sociĂ©tĂ©s de gym et la possibilitĂ© qu’elles offrent de pratiquer un sport Ă  moindre coĂ»t, tout en facilitant leur intĂ©gration. « En gĂ©nĂ©ral, les gens viennent naturellement, mais on peut toujours en faire plus et tendre la main Ă  ceux qui n’osent pas faire le premier pas Â». Son implication dans ce domaine ne s’est d’ailleurs pas arrĂȘtĂ©e Ă  la gym. Il a crĂ©Ă©, il y a une dizaine d’annĂ©e, une petite association, « la Lessiverie Â», qui propose des animations et manifestations, afin de faire vivre son village et rassembler les gens de sa rĂ©gion.

Des projets Ă  foison

AprĂšs toutes ces annĂ©es dans la gymnastique, Emmanuel reste motivĂ© et se rĂ©jouit du prochain grand Ă©vĂ©nement qui aura lieu en terres neuchĂąteloises, l’Eurogym 2022, une vitrine exceptionnelle pour le canton. Le prĂ©sident est d’ailleurs l’un des instigateurs de la candidature suisse Ă  cette manifestation. « AprĂšs l’Eurogym de 2018 Ă  LiĂšge, ma ville natale, Christian Blandenier, Martine Jacot et moi-mĂȘme avons lancĂ© l’idĂ©e d’organiser cette manifestation internationale en Suisse Â». Outre ce projet d’envergure, l’association mise Ă©galement sur le parkour afin de se renouveler et d’amener du dynamisme, sans oublier le plus important : soutenir les petites sociĂ©tĂ©s qui font vivre les villages.

Finalement, pour Emmanuel, 2023 sonnera la fin de son deuxiĂšme mandat Ă  la tĂȘte de l’ACNG et la fin de l’aventure Eurogym en Suisse. A ce moment-lĂ , le NeuchĂątelois envisagera Ă©galement de diminuer son activitĂ© dans son cabinet de physiothĂ©rapie : « Je ne sais pas m’arrĂȘter. Mais, Ă  prĂ©sent, j’ai envie de consacrer plus de temps Ă  ma famille et Ă  mes petits-enfants. C’est ma prioritĂ©. Â»

EUROGYM 2022 Ă  NeuchĂątel

L'EUROGYM, qui a lieu tous les deux ans, a le but de rassembler les jeunes gymnastes européens. L'accent est mis sur les activités sportives et les jeux, les rencontres et les échanges. De nombreux ateliers permettent aux participants de découvrir et d'expérimenter de nouvelles formes d'activités et de mouvements avec des jeunes de toute l'Europe.
Le Festival européen gymnique de la jeunesse aura lieu à Neuchùtel du 7 au 15 juillet 2022.

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