Sans bornes : 100 kilomètres pour se retrouver
Actualités

Sans bornes : 100 kilomètres pour se retrouver

Emilie Lambiel
Photo : màd

Trampoliniste de haut niveau, Simon Progin s’est lancé un défi singulier : courir 100 kilomètres entre Martigny et Nyon. Derrière la performance, une quête personnelle forte et un message universel : transformer les épreuves en moteur.

Tout commence en 2022, après un séjour aux États-Unis écourté. « Je suis rentré après cinq jours alors que je devais rester deux semaines. Ça a été une période difficile, avec beaucoup de pensées négatives », confie Simon Progin. De ce moment de rupture naît un besoin clair : se fixer un objectif, se confronter à lui-même. « Je voulais savoir si je valais quelque chose, s’il restait encore quelque chose en moi. »

Se confronter pour avancer

Habitué aux exigences du trampoline, Simon Progin sait que la course à pied n’est pas forcément compatible avec son sport. Pourtant, elle l’accompagne depuis longtemps. « J’avais déjà couru 40 kilomètres. Je me suis dit : si 40, ça passe, pourquoi pas 100 ? » L’objectif n’est pas la performance pure, mais l’exploration de ses propres limites. « Je voulais pousser mon corps, voir jusqu’où je pouvais aller. »

Au départ, il ne s’agit que d’un défi personnel. Sur les conseils de proches, il contacte Julien Dewarrat, réalisateur et trampoliniste amateur. « Je voulais juste quelques photos en souvenir, mais il m’a dit que mon histoire méritait d’être racontée. » Le projet prend alors une autre dimension. Pendant plusieurs semaines, ils échangent, construisent, réfléchissent au parcours et au message.

Rendre l’impossible accessible

Car derrière les 100 kilomètres, il y a un vécu. La perte de ses parents, une rupture, mais aussi un trouble du comportement alimentaire déclenché « par un simple commentaire négatif ». Le documentaire aborde ces épisodes sans dramatisation excessive. « On ne voulait pas quelque chose de sombre. Il y a aussi des moments plus légers, très authentiques. Ça reste positif. »

Le message est clair : chacun peut dépasser ce qui lui paraît insurmontable. « On peut tous se sortir d’une galère. Rendre quelque chose d’impossible… possible. » Une idée qui a trouvé un écho chez plusieurs spectateurs, certains disant avoir eu envie de se mettre à courir après la projection.

100 kilomètres, 15 heures

Le départ est donné en octobre 2022 à 4 heures du matin. À ses côtés, son meilleur ami et le réalisateur, qui le suivent à vélo, caméra en main. « Par moments, j’étais seul, parfois on discutait. C’était une expérience incroyable. »

Après 15 heures d’effort, l’arrivée à Nyon marque bien plus qu’une performance. « J’ai ressenti un truc de fou. Je me suis dit : je suis encore capable. » Une libération, presque. « Ça m’a permis de tourner une page et d’avancer. »

Si l’effort s’est joué en une journée, il aura fallu trois ans pour donner naissance au film. Un travail minutieux pour Julien Dewarrat, qui réalisait là son premier documentaire de ce type.

Une dernière ligne droite

Aujourd’hui, Simon Progin évoque sa « dernière ligne droite » en trampoline. « Je suis en forme physiquement, mais fatigué mentalement. » S’il ne se qualifie pas pour les Championnats du monde en Chine, il envisage de mettre un terme à sa carrière dans les prochains mois.

Une chose reste certaine : ce défi restera un tournant. « Si c’était à refaire, je ne ferais pas tout pareil. Mais l’objectif était là, et je l’ai atteint. »

 

Pour découvrir le documentaire

Sponsoren

Sponsoren

Platin Partner

Silver Partner

Bronze Partner