Inscrire son enfant dans une société de gymnastique est une évidence pour certaines familles. Mais ce n’est pas le cas pour toutes. Une maman de la STV Wehntal, qui souhaite rester anonyme, raconte à quel point la société a contribué à apporter davantage de normalité dans le quotidien de son fils atteint d’autisme précoce. « Le fait de pouvoir faire partie d’un groupe l’a énormément aidé », explique-t-elle. La possibilité de s’entraîner avec des enfants neurotypiques a été particulièrement précieu-se. « Être avec d’autres personnes a été très positif pour lui. » L’appartenance à la société a également beau-coup apporté à toute la famille. Son fils a pu pratiquer la gymnastique avec son frère et participer à une vie associative tout à fait normale. Les spectacles de la société comptent parmi les moments forts : « Il est déjà monté trois fois sur scène. C’étaient toujours de très beaux moments et il y prenait énormément de plaisir. »
L’ouverture de la société a permis d’instaurer un climat de confiance. « Je pense que cela a été important pour son avenir. Il a pu s’ouvrir et aller à la rencontre des autres. » Aujourd’hui âgé de 18 ans, il est membre de la société depuis une dizaine d’années et pratique désormais la gymnastique aux agrès.
« Les mêmes règles pour toutes et tous »
Le rôle des monitrices et moniteurs est essentiel. Monitrice de gymnastique enfantine et des moins de 10 ans, Andrea Sohàr mise sur des structures claires et sur l’égalité de traitement. « J’ai convenu avec les parents que leur enfant atteint de trisomie 21 serait traité comme tous les autres », explique-t-elle. Règles, conséquences et accords s’appliquent à l’ensemble du groupe. Un échange étroit avec les parents est particulièrement important au début, avant de laisser place à des contacts réguliers.
Iris Bolliger partage une expérience similaire. « Dans nos entraînements, tout le monde est le bienvenu, car chaque enfant apporte quelque chose d’unique », explique-t-elle. Répondre simultanément aux besoins de chacun peut parfois représenter un défi. « Il faut parfois savoir attendre et prendre le temps nécessaire pour répondre à un besoin particulier. »
Dans le travail avec les parents, les deux monitrices privilégient des solutions pragmatiques. Pour Iris Bolliger, des informations précises sont essentielles : « cela aide lorsque les parents expliquent ce qui fonctionne dans les situations difficiles, comme un petit mode d’emploi pour leur enfant. »
L’inclusion a également ses limites. Lorsque la sécurité ou les ressources ne peuvent plus être garanties, des discussions franches s’imposent. « Ce n’est pas simple, mais c’est parfois nécessaire », souligne Andrea Sohàr.
L’inclusion comme culture de société
A la FSG Wehntal, l’inclusion n’est pas considérée comme une offre supplémentaire, mais comme un élément à part entière de la vie de la société. Denise Girardet, aujourd’hui personne de contact pour l’inclusion, y contribue largement.
« Notre société a toujours été ouverte à tous les enfants, quelles que soient leurs limi tations », explique-t-elle. Au centre de cette démarche se trouvent la communauté, le plaisir du mouvement et le vivre-ensemble.
Cette vision est également inscrite dans une charte qui affirme que la société est ouverte à toutes et tous, indépendamment de l’âge, du genre, de l’origine ou d’un handicap. Depuis 2020, la STV Wehntal est par ailleurs officiellement certifiée « Unified » par Swiss Inclusive Sport.
Ils lui ont simplement permis de donner le meilleur de lui-même.
Apprendre, échanger, soutenir
Une inclusion réussie repose sur les connais-sances, les échanges et le soutien. Mais elle a également besoin d’exemples inspirants. Denise Girardet se souvient d’un moment particulièrement émouvant vécu lors de la Fête fédérale de gymnastique à Lausanne : « lors du test de branche d’unihockey, j’ai observé une société qui comptait dans ses rangs une personne en situation de handicap. Ses coéquipiers se sont placés autour du terrain et lui ont donné des instructions au bon moment tout en l’encourageant. Nous en avons tous eu les larmes aux yeux. Ils lui ont permis de donner le meilleur de lui-même. Leur esprit d’équipe était inspirant. » C’est précisément cet esprit que la STV Wehntal souhaite transmettre. « Une communication ouverte au sein de l’équipe de moniteurs et monitrices ainsi qu’avec les parents est essentielle », souligne Denise Girardet. Il est tout aussi important de connaître ses limites et de rechercher en semble des solutions.
Les expériences sont nombreuses et souvent enrichissantes. Les enfants apprennent très tôt à faire preuve d’attention envers les autres. Les équipes sont constituées de manière à ce que personne ne soit exclu. La vie de société elle-même en ressort renforcée : « un véritable esprit inclusif se développe et profite à tout le monde. »
De petits pas avec de grands effets
L’inclusion dans une société de gymnastique n’est pas un concept figé. Elle repose sur la confiance, l’ouverture et la volonté d’ap prendre. Pour la mère dont le fils fait partie de la société depuis de nombreuses années, le constat est sans appel : « cela a énormément apporté à notre fils et à toute notre famille. »
Le mouvement à la STV Wehntal
Les sociétés comme la STV Wehntal montrent que l’inclusion ne commence pas dans les règlements, mais avec les personnes : des monitrices et moniteurs engagés, des parents confiants et des enfants qui participent en semble. C’est là que réside toute la force de l’inclusion : lorsque participer devient une évidence pour toutes et tous.








