Le bénévolat est et reste le fondement

  • 7 mars 2024

  • Fabio Baranzini / Trad.: Emilie Lambiel

  • Fabio Baranzini und Archiv STV

  • Publier dans le GYMlive 1/2024

J√ľrg ¬ę Tsch√ľge ¬Ľ Stahl (56 ans) quittera la pr√©sidence de Swiss Olympic √† la fin de l'ann√©e 2024, apr√®s huit ann√©es pass√©es √† la t√™te de l'organisation. Dans le cadre d'un entretien, nous sommes revenus sur son mandat, avons √©voqu√© l'avenir et avons √©galement parl√© avec l'ancien gymnaste √† l'artistique de la situation de la gymnastique en Suisse.

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J√ľrg Stahl

J√ľrg Stahl a 56 ans et vit avec sa femme et sa fille √† Br√ľtten. Droguiste de formation, il a tenu une droguerie √† Winterthour pendant de nombreuses ann√©es et est actuellement pr√©sident du Conseil de fondation du Fonds national suisse et de l'Association suisse des droguistes. De plus, il a √©t√© actif en politique et a si√©g√© pendant pr√®s de 20 ans au Conseil national. Il est membre du Conseil ex√©cutif de Swiss Olympic depuis 2008 et en est le pr√©sident depuis 2017. J√ľrg Stahl a √©galement laiss√© son empreinte dans le monde de la gymnastique. Cet ancien gymnaste √† l'artistique et athl√®te a notamment √©t√© membre du Comit√© central de la F√©d√©ration suisse de gymnastique pendant neuf ans et a pr√©sid√© le comit√© d'organisation de la Swiss Cup Z√ľrich pendant huit ans.

J√ľrg Stahl nous accueille dans sa maison de Br√ľtten, pr√®s de Winterthour. Il a install√© son bureau au sous-sol. Sans surprise, le sport est omnipr√©sent sur son lieu de travail. Une retransmission de biathlon est diffus√©e sur un grand √©cran de t√©l√©vision. Les mascottes des Jeux olympiques de la jeunesse de Lausanne 2020 et des World Games 2023 de Cracovie sont pos√©es sur une table. Une liasse d'accr√©ditations diverses et vari√©es pour des √©v√©nements auxquels il a assist√© au cours des derniers mois est accroch√©e au mur. Et dans un coin, se trouve une table haute dont le plan de travail est mont√© sur un cheval d'ar√ßons.

J√ľrg Stahl, 2024 est votre derni√®re ann√©e en tant que pr√©sident de Swiss Olympic. Quels objectifs vous √™tes-vous fix√©s ?

Il y a encore quelques affaires en suspens que je voudrais clore. Il reste par exemple √† effectuer les derni√®res r√©visions des fonds d‚Äôaide Covid. En outre, il me tient √† coeur que les domaines de l'√©thique et de la gouvernance soient encore davantage mis en oeuvre au sein de nos associations membres et de nos soci√©t√©s. D'une mani√®re g√©n√©rale, je souhaite ramener le navire ¬ę Swiss Olympic ¬Ľ dans des eaux plus calmes apr√®s des ann√©es intenses et parfois agit√©es, afin que mon ou ma successeur.e puisse prendre un d√©part serein.

Vous êtes président de Swiss Olympic depuis 2017. Quelles sont les raisons qui vous poussent à vous retirer après deux législatures ?

La raison est très simple : selon les statuts, on ne peut pas être membre du Conseil exécutif de Swiss Olympic pendant plus de seize ans. J'ai été membre
pendant huit ans et président pendant huit ans. Je n'ai donc pas le droit de continuer. Ce sont les règles du jeu et on s'y tient dans le sport.

La gymnastique est un sport de base formidable.

Quels sont les meilleurs souvenirs que vous ayez eus en tant que président de Swiss Olympic ?

Avoir pu organiser les Jeux Olympiques de la Jeunesse √† Lausanne en 2020 a √©t√© un privil√®ge, m√™me si ce n'√©tait pas encore les ¬ę grands ¬Ľ Jeux. Cet √©v√©nement a √©t√© pour moi l'un des plus impressionnants que j'ai v√©cus. D'autant plus que la Suisse et Lausanne ont r√©ussi √† organiser de magnifiques jeux. Mais nous n'avons malheureusement pas pu en profiter pleinement apr√®s coup et nous d√©lecter des bons moments, comme il se doit apr√®s un
grand événement réussi.

Pourquoi pas ?

Parce qu'un jour après les Jeux de Lausanne, la ville de Wuhan a été bouclée en raison de la pandémie de coronavirus. Nous savons ce qui s'en est suivi et quelles en ont été les conséquences pour le sport.

Mais revenons à la question des meilleurs souvenirs : outre les Jeux olympiques de la jeunesse, c'était ma première année de mandat en 2017. J'étais alors également président du Conseil national. En fait, deux fonctions qu'il n'est pas possible de coordonner en raison de l'emploi du temps. Mais j'ai souvent pu combiner la politique et le sport lors de mes nombreux voyages et apparitions en Suisse. J'étais toutefois heureux lorsque l'année 2017 s'est terminée. Ce fut définitivement mon année la plus intense. Je n'ai jamais aussi peu dormi qu'en 2017.

Y a-t-il des personnes ou des rencontres de votre présidence qui ont été très spéciales pour vous ?

J'ai rencontré un nombre incroyable de personnes intéressantes. Il est donc difficile d'en distinguer une. Mais j'ai fait une rencontre particulière lors du 50e anniversaire de Swiss Athletics. J'y étais parce que j'ai eu l'occasion de prononcer un message de bienvenue. Sebastian Coe, président de la Fédération internationale d'athlétisme, était également présent pour la même raison. Pour moi, en tant qu'ancien athlète, Sebastian Coe était l'idole des jeunes. Je me souviens très bien voir assisté en direct au Letzigrund avec mon père au record du monde du 800 m établi par Sebastian Coe. Le rencontrer en personne était unique en raison de cette histoire.

De quoi êtes-vous particulièrement fier lorsque vous faites le bilan de vos huit années de présidence ?

Il y a trois choses. Premi√®rement, le sport suisse, avec ses plus de 19 000 clubs de sport, est vivant et fort. Deuxi√®mement, l'apr√®s-midi o√Ļ les v√©t√©tistes suisses sont mont√©es sur les trois marches du podium aux Jeux olympiques de Tokyo, j'ai ressenti une grande fiert√©. Ne voir que des drapeaux suisses derri√®re le podium, c'√©tait un moment unique. Troisi√®mement, je suis √©galement fier que nous ayons r√©ussi √† surmonter les ann√©es difficiles du Covid et que nous ayons pu inverser la tendance en ce qui concerne le nombre de soci√©t√©s dissoutes. Il y a toujours une l√©g√®re diminution, mais la courbe s'est aplanie. Et ce qui est tr√®s positif, c'est que nous faisons bouger plus d'enfants et de jeunes aujourd'hui qu'il y a 30 ou 40 ans. C'est presque l'h√©ritage le plus important de mon mandat.

Dans quels domaines le sport suisse a-t-il le plus progressé ces dernières années ?

Les m√©dailles ne font pas tout, mais le fait que nous ayons remport√© 43 m√©dailles et plus de 100 dipl√īmes lors des trois derniers Jeux olympiques est un tr√®s bon signe. Le succ√®s aux Jeux olympiques est toujours la preuve qu'un travail de qualit√© a √©t√© effectu√© dans une discipline sportive pendant une longue p√©riode. En Suisse, nous avons aujourd'hui du succ√®s dans de nombreuses disciplines sportives diff√©rentes et nous ne d√©pendons plus autant qu'avant de sportifs d'exception. Nous avons une plus grande diversit√© au niveau de l'√©lite mondiale absolue. Cela se voit √©galement dans les concours organis√©s pour les jeunes.

Quels ont été les plus grands défis auxquels vous avez été confronté lorsque vous avez travaillé pour Swiss Olympic ?

Swiss Olympic dispose aujourd'hui de beaucoup plus d'argent qu'il y a quelques ann√©es. C'est tr√®s bien, mais la lutte pour la r√©partition de l'argent entre les f√©d√©rations est tr√®s importante. D√©velopper un syst√®me de r√©partition transparent et √©quitable a √©t√© un grand d√©fi. Et bien s√Ľr, le coronavirus a √©galement √©t√© un tr√®s grand d√©fi.

Bien que le sport de haut niveau devienne de plus en plus professionnel, de nombreuses disciplines sportives ne peuvent pas se passer du bénévolat. Quelle est l'importance du bénévolat chez Swiss Olympic ?

Le b√©n√©volat est et reste le fondement du sport suisse. En tant que ¬ę monsieur club ¬Ľ, je suis bien conscient qu'il est difficile de trouver suffisamment de b√©n√©voles, surtout pour des engagements √† long terme.

Comment Swiss Olympic encourage-t-il le bénévolat ?

Le bénévolat fait partie de la stratégie de Swiss Olympic et est au coeur de la formation Club Management. Il s'agit d'une formation continue pour les fonctionnaires, qui peut être suivie en ligne et combinée à des expériences pratiques. Nous sommes satisfaits de constater que le nombre de consultations de cette offre de formation est très élevé. Mais la valeur du bénévolat pour la société doit être constamment mise en avant. J'essaie d'en donner l'exemple au quotidien.

Le sport suisse est vivant et fort.

Venons-en à la gymnastique. Vous avez vous-même participé à des compétitions en tant que gymnaste à l'artistique. Êtes-vous toujours actif ?

En janvier, j'ai f√™t√© mon dixi√®me anniversaire au sein de la section masculine de Br√ľtten. L'entra√ģnement du jeudi soir est capital pour moi - il faut que quelque chose de tr√®s important se produise pour que j'annule. En novembre, je suis mont√© sur sc√®ne pour la premi√®re fois lors d‚Äôune soir√©e, ce qui m'a beaucoup plu.

Vous avez √©galement fait partie du Comit√© central de la FSG pendant de nombreuses ann√©es et avez √©t√© pr√©sident du comit√© d'organisation de la Swiss Cup Z√ľrich. Suivez-vous encore de pr√®s l'actualit√© gymnique ?

Je suis toujours la gymnastique de plus pr√®s que les autres sports. Elle m'int√©resse toujours autant. Mais en tant que pr√©sident de l'association fa√ģti√®re, j'essaie toujours d'agir de mani√®re globale.

Comment jugez-vous le développement de la gymnastique en Suisse au cours des dernières années?

Je constate d'√©normes progr√®s. Au niveau de l'√©lite en gymnastique artistique, nous nous sommes am√©lior√©s sur le plan technique et nous avons plus confiance en nous. C'est formidable. De plus, je trouve que c'est toujours un ph√©nom√®ne ‚Äď et cela montre la diversit√© de la gymnastique ‚Äď que nos f√™tes de gymnastique soient un succ√®s pratiquement dans toute la Suisse. Ces f√™tes sont comme de petits Jeux olympiques : Des personnes de diff√©rentes r√©gions se mesurent dans diff√©rentes disciplines sportives, tout en laissant la place √† de belles rencontres en dehors du sport. Bouger ensemble ‚Äď faire des exp√©riences ensemble.

Quels sont, selon vous, les principaux défis à venir pour la gymnastique ?

Nous aurons besoin de mod√®les qui laissent plus de place √† l'individualit√©. Nous devons cr√©er des offres dont les gens peuvent profiter ind√©pendamment de toute affiliation. Nous avons le savoir-faire pour cela. Nous pouvons par exemple proposer un entra√ģnement Fit en hiver le samedi matin, auquel peuvent assister des personnes qui ne sont pas membres de la soci√©t√© de gymnastique. C'est l√† que nous devons sortir de l'ombre et penser de mani√®re plus interdisciplinaire. La gymnastique est un sport de base formidable.

Le fait que nous perdions de temps en temps des jeunes au profit d'autres sports fait partie du jeu. Mais cela ne devrait pas jouer de r√īle, car l'important est que les jeunes pratiquent un sport. Et je suis s√Ľr qu'ils reviendront un jour ou l'autre, ou du moins, qu‚Äôils se souviendront des moments pass√©s au sein de leur soci√©t√© de gymnastique de mani√®re positive.

De quoi pensez-vous les gymnastes suisses à l'artistique capables à Paris ?

J'ai noté dans mon agenda à la fois le concours de qualification et la finale. Je croise les doigts pour qu'ils atteignent la finale. Je sais qu'ils en ont les capacités, mais ce n'est pas gagné d'avance malgré leurs récents succès.

Que fera J√ľrg Stahl √† partir de 2025, lorsque le chapitre de Swiss Olympic sera clos ?

Je ne le sais pas encore. Pour l'instant, j'ai seulement décrété que je n'accepterais aucun rendez-vous en janvier 2025. Nous verrons combien de temps je peux m'y tenir (rires). Je cherche actuellement ce qui pourrait être envisagé à partir de l'année prochaine. Il peut aussi s'agir d'un projet auquel je ne participe pas en tant que président, mais auquel je donne simplement un coup de main.

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