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Frank Rime: une passion pour la gymnastique

23 décembre 2020

Lors d’un entraînement en 2019, Frank Rime est victime d’un grave accident qui le rend tétraplégique. Après un séjour de plusieurs mois à l’hôpital, des interventions chirurgicales et de nombreuses heures de rééduca- tion, le jeune Fribourgeois de 32 ans a retrouvé sa famille à Charmey. Grâce à ses proches et à un état d’esprit positif, il apprend à apprivoiser cette nouvelle vie et recommence à faire des projets.

La gymnastique est une affaire de famille chez les Rime. Avec un papa ancien président de la FSG Charmey et une maman monitrice, Frank Rime a baigné dès son plus jeune âge dans le monde de la gymnastique. Du groupe parents-enfants à la gymnastique aux agrès, le jeune Fribourgeois a toujours été très impliqué dans sa société de gym, où il s’entraîne régulièrement et entraîne également les actifs pour les agrès société. Pourtant, la vie de Frank bascule au mois de mars 2019, au cours d’un entraînement pour la Fête fédérale de gymnastique. Lors de sa routine de gymnastique à la barre fixe, le poteau se déchausse et la barre tourne pendant qu’il effectue une bascule de fond. Ne pouvant pas se retenir, il chute lourdement et tombe sur la nuque et le haut du dos. Lorsqu’il se retrouve au sol, il se rend compte que quelque chose ne va pas : « J’ai tout de suite senti que j’étais tétraplégique », explique le gymnaste, « je n’avais plus aucune sensation, hormis des fourmis dans les mains ». Frank est directement pris en charge et héliporté à la clinique de Nottwil. A son arrivée, il est opéré en urgence. Le lendemain, les médecins lui annoncent le dia- gnostic : il a 2 vertèbres cervicales déboitées et on lui a remplacé une de ses vertèbres par une vertèbre en titane. Il passe 9 jours aux soins intensifs et près de 10 mois à la clinique.

Comme une famille
Pendant son séjour, il subit une deuxième opération de la colonne vertébrale ainsi qu’une greffe de nerfs pour améliorer la mobilité de ses mains. « J’ai eu beaucoup de hauts et de bas durant les mois passés à Nottwil. Après 2 semaines, j’avais déjà commencé ma rééducation. J’étais très anxieux de ne pas faire de progrès ». Les journées passent très vite. Entre les séances de physiothérapie, d’ergothérapie, de thérapie pour la respiration, de psychologie, l’apprentissage de la chaise roulante et les séances de sport, Frank n’a pas une minute à lui. Malgré la situation, il garde un bon souvenir des mois passés à Nottwil : « Tout le monde se connaît, c’est comme une grande famille. Je me suis senti énormément soutenu et j’y ai rencontré beaucoup de gymnastes, que ce soit au niveau des patients ou du personnel. » Là-bas, le Fribourgeois a même pu s’essayer au rugby en chaise roulante.

Frank Rime a toujours été très impliqué dans sa société de gymnastique, la FSG Charmey.

La FSG Charmey très présente
Au fil des semaines, Frank a dû s’adapter et ré- apprendre à vivre. « Le plus difficile à accepter, c’est de ne plus avoir de sensations et de ne plus pouvoir bouger les mains », explique-il. Heureusement, sa famille, ses amis et les gymnastes de la FSG Charmey sont très présents. « Au début, je recevais énormément de visites, tous les jours. C’était trop pour moi, avec toutes les émotions que cela engendrait. Finalement, ma société de gym a créé un calendrier en ligne afin de gérer les jours de visite. J’avais une application sur mon téléphone pour voir qui venait me rendre visite ». Les jeunes de la FSG Charmey qu’il entraînait sont également régulièrement venus lui rendre visite afin de lui montrer les vidéos de leur exercice au sol. Pour le final, ils ont réalisé des portés qui formaient le mot « FRANKY » au Championnat cantonal. « J’étais vraiment ému », se souvient Frank. A la sortie de l’hôpital, il retrouve un semblant de normalité lors des moments passés avec ses amis. « Lorsque je suis avec eux, j’oublie tout. J’ai l’impression que tout est comme avant. » Malgré tout, la gymnastique reste sa grande passion. Il continue à entraîner les jeunes de sa société aux agrès et à soutenir ses amis gymnastes lors des concours. Il s’est rendu à Aarau à l’été 2019 pour la Fête fédérale de gymnastique. « J’ai passé deux journées formidables à Aarau. J’ai encouragé les gymnastes de ma société et profité de fêter avec eux. J’ai aussi rencontré Giulia Steingruber », se souvient Frank. Il a également fait le voyage jusqu’à Dornbirn afin d’encourager son équipe lors de la Gymnaestrada de 2019. « Normalement, j’aurais dû faire partie du bloc avec Fribourg », explique-il. Frank apprécie particulièrement la Gymnaestrada. Il a participé à plusieurs éditions en tant que gymnaste et se réjouit de la prochaine édi- tion à Amsterdam en 2023.

Aller de l’avant et faire des projets
Depuis sa sortie de l’hôpital, Frank est retourné vivre chez ses parents. La maison a été complètement réaménagée pour que le jeune homme puisse se déplacer et que sa vie en soit facilitée. Il a repris son travail d’ingénieur en génie civil à 20%, à Bulle, et a repassé son permis de conduire. Pour sa rééducation, il a passé plusieurs heures par semaine au « Swiss Recovery Center » de Villeneuve. « Là-bas, on essayait de faire revenir les sensations dans les membres inférieurs. Ça me redonne de l’espoir. », explique Frank. Il est également soutenu par la Caisse d’assurance du sport qui prend régulièrement de ses nouvelles et le soutient financièrement.
Mis à part le rugby en chaise roulante, le Fribourgeois s’est aussi essayé à de nouveaux sports et de nouvelles expériences : « Avant, j’aimais bien la marche et le tennis, maintenant je dois m’occuper différemment. Je vais régulièrement me promener dans la nature avec ma famille, mais j’aime également aller au cinéma, regarder des séries ou jouer aux cartes avec mes amis. J’ai même pu faire du parapente avec l’association Paradigme ». Pour lui, il est important de s’occuper l’esprit et de se lever le matin afin d’aller de l’avant et de ne pas sombrer dans la dépression. « Je ne fais pas de plans sur le long terme. Depuis mon accident, je vis dans le moment présent afin de garder le moral. J’essaie de ne pas vivre dans le futur ou le passé ». Pourtant, le jeune homme a des projets plein la tête pour 2021 : « J’aimerais m’acheter un vélo électrique, peut-être me prendre un nouvel appartement et aller à Tokyo pour voir les Jeux Olympiques d’été pour y encourager Giulia Steingruber. J’ai beaucoup de chance d’être toujours en vie. J’essaie donc d’en profiter un maximum ».
Texte: Emilie Lambiel
Photos: màd


Photo en haut: Le Fribourgeois s’essaie à de nouvelles activités, pour aller de l’avant et profiter de la vie.

Vous pouvez également trouver cet article dans GYMlive 6/2020.










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